L’industrie manufacturière de l’avenir en Belgique

Communiqué de presse

Depuis le 19e siècle, la Belgique s’est construit une réputation de force industrielle continentale et de précurseur international au sein de l’industrie manufacturière. Toutefois, durant la dernière décennie, cette réputation s’est effritée. Les secteurs classiques ont presque disparu, d’autres ont diminué, et la transition vers une industrie digitalisée et robotisée semble marquer l’inévitable déclin de l’industrie manufacturière telle que nous la connaissons : les visionnaires prédisent une multitude de changements structurels et inévitables. Et ce flux de nouvelles s’est encore accru après la crise financière.

Pour la Flandre et la Belgique, cette problématique est particulièrement d’actualité. Les médias regorgent d’annonces concernant le déménagement d’entreprises belges à l’étranger ou l’établissement d’entreprises étrangères qui auraient pu s’établir dans notre pays. Dans cette optique, il est important d’accorder suffisamment d’attention à l’importance de l’activité industrielle, aux possibilités de réponses au niveau belge, et à la politique adoptée à ce sujet.

En nous basant sur le contenu d’un climat industriel fructueux, nous examinons dans cette étude les forces, les défis, et les chances qui s’offrent à la Belgique en la matière. Partant de ces questions, nous proposons ensuite un modèle de politique industrielle, dont les recommandations sont les suivantes :

– Les autorités doivent se fixer des ambitions claires. Pour parvenir à une économie saine, il faut viser une importance de l’industrie manufacturière (au sens strict du terme) représentant 20 % du PIB. Un résultat possible, moyennant un mode de pensée international et une ouverture aux modèles « best in class » (adopter une attitude make it happen au lieu de se focaliser sur les obstacles).

– La croyance en la possibilité d’une économie de la connaissance sans production locale est une illusion. Il faut investir dans la combinaison des deux, et éviter de les dissocier.

– L’industrie constitue un moteur pour envisager les problèmes sociétaux, mais il faut en réaliser le potentiel.

– Il faut veiller à ce que suffisamment de compétences soient investies dans le développement d’une vision, au lieu de se focaliser sur la défense des intérêts à court terme et sur le partage du gâteau. Dans ce contexte, une plateforme de concertation efficace est la solution qui doit être favorisée.

– Un bon climat social est un facteur de réussite clé ; le modèle conflictuel est contreproductif.

– Il faut investir davantage dans le capital humain, par exemple dans la mise en place et la promotion de formations d’ingénierie de qualité.

– Il faut consacrer plus d’attention à une vision sur le long terme, transparente et proactive.

– Il faut veiller à ce que l’organisation des subsides et des réglementations ne freine pas le développement des start-ups et des petites entreprises en pleine croissance.

– Il faut également veiller à la cohérence politique.

À ce jour, il semble qu’il existe un consensus quant à l’importance d’une industrie manufacturière qui fonctionne correctement, mais il n’est pas si simple d’y parvenir. Le bon biotope est indispensable pour offrir des possibilités de croissance aux entreprises existantes et pour attirer de nouveaux acteurs. Sur ce plan, la Belgique possède plusieurs atouts, mais elle doit aujourd’hui se préoccuper – de toute urgence – de certains points de fonctionnement.

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