Le secrétaire d’état pour les entreprises publiques estime que les pactoles de la Loterie Nationale devraient être redistribués moins exclusivement entre un nombre plus important de gagnants. Cette offensive de charme pour faire ‘gagner plus par un plus grand nombre de gens’ est associée dans la presse avec l’image sociale du Lotto.
L’impact réel d’une loterie nationale n’est en réalité aucunement social. Toutes les études empiriques confirment que les revenus réduits ou démunis représentent une partie disproportionnellement grande des joueurs et des montants joués. Les acheteurs des produits des loteries nationales paient une taxe implicite importante à l’état comme organisateur. Les loteries nationales fonctionnent ainsi comme un mécanisme d’imposition régressive : les faibles revenus paient une partie disproportionnée dans ces impôts par rapport aux revenus élevés. Ceci est loin d’être social.
En outre, les projets supportés par les gains de la Loterie Nationale – la culture, le patrimoine, le développement durable etc. – sont surtout appréciés par des groupes avec revenus élevés. Ainsi s’installe une contre-redistribution bizarre à partir des relativement pauvres vers les relativement riches. Pas vraiment une politique sociale.
Il n’est également pas social d’externaliser vers notre société le coût social de la dépendance aux jeux de hasards. Une estimation initiale démontre que ce coût pour la société sur base annuelle envoisine le chiffre d’affaires annuel de la Loterie Nationale. Alors que la dépendance aux jeux de hasards se développe il faut donc poser la question si l’autorité publique doit effectivement fonctionner comme promoteur de jeux qui cultivent l’ultime rêve matérialiste de devenir super riche rapidement et sans efforts.
Cette problématique est analysée dans la récente publication ‘Nationale Loterij als herverdelingsmechanisme: waar zijn de echte winnaars?’ (par Johan Albrecht, NOTA 5/2006 du 1er juin 2006), disponible gratuitement sur www.itinerainstitute.org.
