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Renforcer les leviers de la mobilité sociale
29 Juin 2010
Lorsque les individus issus de milieux défavorisés n’ont pas les moyens de se sortir eux-mêmes de la pauvreté, la mobilité sociale vers le haut ne peut alors se faire sans un petit coup de pouce de la part des autorités publiques. Il existe ainsi des leviers à court et à long terme qui peuvent d’une façon ou d’une autre contribuer à la lutte contre la pauvreté. La sécurité sociale, l’éducation et l’emploi sont généralement reconnus comme les leviers les plus adaptés à cet effet.
Facts & Figures

à Sécurité sociale
En 2004, le pourcentage de pauvreté en Belgique sans transferts sociaux (hors pensions) était de 28% (contre 14,3% après transferts). On peut donc comprendre, à partir de ce graphique, que les transferts sociaux (en pourcentage du PIB) sont d’un grand soutien à la lutte contre la pauvreté. Bien qu’il soit un filet de sécurité non négligeable contre la pauvreté, le système de sécurité sociale reste réputé pour être un outil de prévention contre la pauvreté plutôt qu’un outil de lutte contre la pauvreté existante.
 
 
à Education
Dès leur plus jeune âge, le niveau de formation des enfants n’est pas à prendre à la légère. Sachant que les personnes les plus faiblement qualifiées ont un risque plus élevé de glisser dans la pauvreté par rapport aux personnes moyennement et hautement qualifiées (23% contre 13,1% et 6,9% en 2007), il faut s’assurer que l’enfant ait toutes ses chances de recevoir l’éducation de son choix.
 
 
D’après diverses études[2], le parcours scolaire des parents influencerait significativement celui de leur enfant. On observe ainsi qu’en Belgique, un enfant dont le père a un faible niveau d’éducation, a en moyenne un score inférieur de 62 points par rapport à un enfant dont le père est doté d’un niveau d’éducation élevé. Les performances scolaires des enfants semblent donc être affectées d’une façon ou d’une autre par le niveau d’éducation de leur père.
 
 
à Emploi
Un emploi salarié constitue pour la plupart de la population la principale source de revenus et offre ainsi le coussin le plus important contre la pauvreté financière. Bien que le fait d’avoir un emploi rémunéré limite fortement le risque de pauvreté, il ne constitue pas une garantie absolue. En 2007, 4,4 % des personnes qui travaillent sont confrontés au risque de pauvreté contre 4,2% en 2006, 3,9% en 2005 et 4% en 2004[3].


[1] Les transferts pris en considération dans la figure 1 sont les allocations de chômage, les allocations familiales, le remboursement des soins de santé, les allocations pour les personnes handicapées, l’assurance maladie-invalidité et les congés annuels.
[2] A. C. d’Addio (2007), Intergenerational Transmission of Disadvantage: Mobility or Immobility across Generations? A Review of the Evidence for OECD Countries, OECD.
[3]SPF Economie, Statistiques et Chiffres, EU-SILC 2004 (European Union on Income and Living conditions).

Recommendation

Pour lutter contre la pauvreté et favoriser une mobilité sociale ascendante, il faut accorder aux leviers sociaux l’attention qui leur est due. Les politiques d’éducation et d’emploi doivent être étudiées dans une optique efficacité-équité de manière à garantir l’égalité des chances des individus tant à l’école et que sur le marché du travail. Il faut ainsi leur offrir un environnement (via des aides publiques à l’éducation, des incitants à l’embauche,…) dans lequel ils auront la possibilité de se construire un avenir et de vivre dans des conditions socio-économiques décentes.

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