- Une politique de court-terme sans avenir
Dans les faits la politique belge du vieillissement se résume au pré-financement par un Fonds de Vieillissement alimenté jusqu'en 2006 de manière ponctuelle par des recettes non-récurrentes. Il avait été prévu de passer à un mode de financement récurrent en consacrant de manière systématique un pourcentage du PIB, mais sans succès. Ce Fonds de Vieillissement a joué un effet extrêmement pervers en donnant l’illusion à l’opinion publique que le problème du financement du vieillissement était résolu. Il est même impossible d’utiliser ce Fonds tant que la dette publique est supérieure à 60 % du PIB (scénario plus que vraisemblable).
- La Belgique est le pays le plus mal préparé de l’UE-15
Sur base des projections de l’union européenne, le coût du vieillissement est deux fois plus élevé en Belgique que la moyenne de l’UE-15 et cela malgré un taux de vieillissement 20% moins élevée.
- Le paradoxe belge de l’emploi des seniors
Les projections des dépenses liées à l’âge en Belgique sont excessivement optimistes car elles supposent un doublement du taux d’emploi des seniors. Cela est assez hypocrite et va à l’encontre de la réalité du marché du travail en Belgique. Pour nombres d’entreprises, les seniors sont trop chers (ils coûtent en moyenne 50-60% plus cher qu’un junior). En outre pour les travailleurs la Belgique continue à être le pays qui offre les conditions financières les plus attractives pour un départ anticipé du marché du travail.
- La réforme Suédoise : un bel exemple de modernisation des pensions.
Depuis plus de dix ans la Suède a modernisé son système de pensions tout en préservant la philosophie de base de protection sociale, de solidarité et d'équité. La clé de cette réforme est l’adoption du système des comptes notionnels qui présente le double avantage de décourager les départs anticipés à la pension et d’indexer les prestations de pensions à l’allongement de la durée de vie. Ce système a été bien accepté par la population, le taux d’emploi des seniors et les prestations moyennes de pensions sont plus élevées que chez nous, et le coût du vieillissement est trois fois plus faible.
- Mieux répartir le coût du vieillissement
Le régime des comptes notionnels présente suffisamment de flexibilité pour être adapté aux besoins et contraintes propres de chaque pays. En harmonisant les systèmes de pensions, il assure une plus grande équité entre fonctionnaires et employés. Mais surtout il assure une meilleure répartition du coût du vieillissement entre générations atténuant ainsi le risque d’un affrontement entre classes… d’âge.
